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"En fait d'amour, vois-tu, trop n'est pas même assez".
Pierre-Augustin Caron Beaumarchais.

Voici un blog personnel contre l'homophobie et la discrimination. J'ai lu sur Sky beaucoup de blogs de jeunes qui veulent trouver des réponses à leurs questions sur cette différence qui les tenaille. Ici, pas de plans foireux, les commentaires sont triés par un ami, et les insultes sont immédiatement envoyées à la page des modérateurs de Skyblog. Il n'y a pas non plus de course aux coms... Nous déposons des commentaires selon notre humeur et selon les sujets qui nous plaisent.

L'idée principale du blog est de donner des pistes de réflexion sur des sujets qui semblent importants par rapport au monde qui nous entoure - Les réalités d'aujourd'hui ne sont pas celles de demain - et la différence primordiale entre les uns et les autres reste la connaissance. La connaissance rend libre parce qu'elle permet de répondre aux changements inévitables de notre société.

Vous êtes invités à donner votre avis sur les textes et les images, répondre aux questions posées sous forme de commentaires. Il est important de savoir ce que vous pensez vraiment afin d'orienter les réflexions... et peut être trouver l'idée qui pourrait améliorer notre sort.

# Posté le samedi 25 octobre 2008 12:15

Modifié le dimanche 25 janvier 2009 07:36

Lutte contre l'homophobie à l'école (1)

Lutte contre l'homophobie à l'école (1)
La nouvelle circulaire qui prépare la rentrée des classes en France pour l'année 2008-2009 vient de sortir : En voici le paragraphe numéro 9.

9 - Lutter contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l'homophobie
L'école doit offrir à tous les enfants des chances égales et une intégration réussie dans la société. Sa mission est donc aussi de promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes, de permettre une prise de conscience des discriminations, de faire disparaître les préjugés, de changer les mentalités et les pratiques. Au sein des établissements, une importance particulière devra être accordée aux actions visant à prévenir les atteintes à l'intégrité physique et à la dignité de la personne : violences racistes et antisémites, violences envers les filles, violences à caractère sexuel, notamment l'homophobie.Par tous les moyens, prévention et sanction, la lutte contre la violence dans et autour des établissements demeure une priorité absolue.


Petite explication : Mes notes de lecture en rouge.

Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos explique à Libération comment il entend mener la lutte contre l'homophobie à l'école.

Pourquoi la lutte contre l'homophobie est si importante ?

La question de l'homophobie intéresse toute la société, et spécifiquement les lieux de culture et de savoir. J'ai donc souhaité que l'école ne la méconnaisse pas. Et que tout élève qui pourrait subir des vexations, voire des violences, liées à son orientation sexuelle soit protégé.

D'abord il fallait que nous sachions ce qu'il en était. Des associations et des lycéens nous alertaient. Dans notre logiciel Civis qui recense les violences de toutes natures, nous avons introduit les actes liés à l'homophobie. Les chiffres restent modestes. De septembre à novembre 2007, les violences à caractère homophobe ont représenté 0,6 % du total, et de décembre à février 2008, 0,3 %. Mais il s'agit de signalements, non de la réalité. L'homophobie est une attitude, elle crée un climat et ne s'exprime pas forcément par des violences. Il est en outre toujours un peu compliqué de la dénoncer.

Voici qui est singulier, l'Administration n'avait donc aucune idée de l'importance de l'homophobie avant que des associations et des lycéens ne l'alertent en 2007/2008... Les enseignants n'ont-t-ils pas des yeux pour voir et des oreilles pour entendre ?

JOKER !

Nous pouvons progresser. L'omertà sur tout cela est toujours présente. Des chiffres alarmants montrent que nos jeunes homosexuels ne vont pas bien et qu'ils sont victimes de leur orientation sexuelle : leur taux de suicide est près de trois fois supérieur à la moyenne. On sait aussi que les jeunes se moquent ou insultent, facilement. Tout ceci crée des tensions et beaucoup de souffrance chez les jeunes homosexuels.

Un taux de suicide près de trois fois supérieur à la moyenne... Certains chiffres montrent un taux plus élevé (voir le site Homoedu ), mais pour le moins, le Ministre Xavier Darcos s'implique et parle de "nos jeunes homosexuels"... Les jeunes homosexuels ont-ils tout d'un coup une existence officielle par la volonté du Ministre ? Les jeunes ont donc une sexualité officialisée (?) mais en France l'âge du consentement sexuel de 15 ans reste la loi !

Quelles actions lancez-vous ?
D'abord, pour être certain que nos personnels se sentent concernés, j'ai décidé pour la première fois de mentionner explicitement dans la circulaire de rentrée 2008 la lutte contre l'homophobie. C'est un pas décisif qui va engager toute la maison, même si le milieu éducatif est déjà très vigilant.

Voilà qui devrait rendre les personnels plus concernés... alors qu'ils étaient déjà vigilants... Alors, pourquoi tant de suicides... et de mal être ? Ne faut-il pas trouver d'autres moyens pour combattre l'homophobie que s'appuyer encore et toujours sur des personnels dont on sait qu'ils ne sont pas toujours, hélas, à l'écoute des élèves qui leur sont confiés. Certains sont même très forts pour trouver des raisons structurelles à ce manque d'écoute... (horaires surchargés, manque de formation...) à moins que cela ne soit, chez certains, déjà l'expression d'une homophobie qui transpire. La solution est ailleurs !

Concrètement, j'ai décidé de rendre systématique à la rentrée l'affichage de la ligne Azur [pour ceux qui se posent des questions sur leur identité sexuelle, ndlr] dans les lycées, ce qui permettra aux adolescents, victimes de violences homophobes ou soucieux de s'informer, de trouver des interlocuteurs formés. La brochure «Homophobie savoir et réagir» (jusqu'ici distribuée dans les rectorats) sera en outre disponible dans tous les établissements - dans les centres d'information et documentation, les infirmeries, les salles des profs.

Je suis heureux de constater qu'une brochure était distribuée dans les rectorats... bien rangée sur les étagères, loin des personnes concernées - les élèves - des fois que de telles brochures puissent être assimilées à du prosélytisme. Peut-être manque-t-il à cette liste de lieux - où la brochure sera disponible dans l'avenir - un élément fondamental pour faire évoluer les idées : Le cartable des élèves. A moins que cette brochure ne soit destinée qu'aux personnels. De même, si on pose la question des violences homophobes, une des solutions ne se trouve-t-elle pas dans l'acceptation de la différence, et une éducation centrée sur la tolérance plutôt que sur le rejet des violences - la différence est mince, mais importante.

Pourquoi exclure les collèges ?
Les collégiens ont de 11 ans à 14-15 ans, ce sont des enfants et des adolescents. Il faut être plus prudent, car il n'y a pas d'homogénéité. Au collège nous préférons donc une approche explicative. Il y a des cours liés à l'éducation à la sexualité, des associations interviennent pour sensibiliser les élèves. Mais il faut surtout que les jeunes trouvent des contacts personnels pour parler de questions relevant de l'intime. Pour cela, nous préparons des modules de formation spécifiques pour que nos infirmières scolaires puissent assumer cet accueil.

Voilà donc le vrai débat qui se dévoile lorsqu'il s'agit du collège : "Il faut être prudent", "il n'y a pas d'homogénéité"... Je ne me souviens pas d'avoir entendu une telle prudence lors du raz de marée homophobe, anti-homosexuel qui a accompagné la cause nationale défendu par un autre Ministtre en 1997 sous le titre 'Lutte contre les violences sexuelles à l'école'. On a alors vu des groupes, des associations, des individuels mêmes être reçus dans les écoles et collèges afin de prêcher le bien face au mal... point n'était alors question de prosélytisme, la 'Cause' valait toutes les expériences : 'Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens' aurait-on pu entendre. Onze années plus tard, le résultat n'est pas aussi rose et salutaire pour notre société.

'Il faut surtout que les jeunes trouvent des contacts personnels pour parler de questions relevant de l'intime' et pour cela, il est prévu des modules de formation spécifiques pour les infirmières scolaires afin qu'elles puissent assurer cet accueil. Il faut souligner l'effort du Ministre, mais aussi en signaler les limites.

La cause de 1997 est, je le crois, plus justement à l'origine du marasme et mal être des jeunes homosexuels qui, depuis cette date, ne peuvent plus trouver dans la société les contacts personnels qui leurs permettaient de parler de questions relevant de l'intime. Françoise Dolto, évoquait amicalement cette solidarité dans son ouvrage 'Tout est language' p59... Le fossé entre la réalité des situations de la vie privée et l'évolution des réponses judiciaires voulue et mise en place par les féministes après 1997 n'est pas fait pour accompagner de façon positive cette nouvelle cause nationale. Il est toujours difficile de revenir en arrière, surtout si on a été trop loin ! Ainsi, les modules de formation spécifiques dont parle le Ministre ne peuvent remplacer l'humanité qui devrait habiter chacun d'entre nous, et plus encore les enseignants et les infirmières scolaires, mais aussi toutes les personnes soucieuses du bien être d'autruit. Nous avons aujourd'hui besoin que l'Etat montre une vraie générosité face à cette question, et qu'il dépasse rapidement les obstacles qui empêchent ces jeunes de s'épanouir.

# Posté le samedi 25 octobre 2008 12:18

Modifié le samedi 25 octobre 2008 17:00

Gay Pride - Paris 2008

Gay Pride - Paris 2008
Voici une photo trouvée sur le net : Je ne connais pas l'auteur, mais qu'il en soit remercié.

Je n'aime pas le mot ' fierté homosexuelle '
comme si on devait faire contre poids avec la ' honte ' des siècles qui ont précédés. Pourquoi être fier d'être homosexuel ? Pourquoi en avoir honte ? Personne n'a choisi... Je préfèrerais le terme ' Carnaval homosexuel '.

Je voudrais lancer un sondage auprès des amis de ce blog sur le sujet de la 'Lutte contre l'homophobie à l'école' :

Depuis la rentrée scolaire, et avant les prochaines grandes vacances, je souhaite savoir si vous avez entendu un prof parler de ce sujet dans votre classe, et si oui, dans quelle matière et sous quelle forme - exposé du prof ou travail donné aux élèves ou...
Merci de laisser vos coms
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# Posté le samedi 25 octobre 2008 12:19

Modifié le mardi 28 octobre 2008 17:38

Lutte conte l'homophobie à l'école (2)

Lutte conte l'homophobie à l'école (2)

Il faut saluer l'initiative du Ministre Xavier Darcos qui s'implique dans la lutte contre une discrimination homophobe qui tue plus surement qu'elle ne blesse - La mort sociale, moins discutée aujourd'hui que le suicide, est la plus courante.

Il est pourtant plus utile de s'interroger sur les aspects positifs de l'homosexualité plutôt que sur les aspects négatifs de l'homophobie.

Il est illusoire aujourd'hui de vouloir lutter contre un effet pervers de l'éducation mais aussi momentané qu'indispensable dans l'évolution psychologique chez certains enfants - 'Je suis hétéro puisque je ne suis pas homo' et inversement - A-t-on le projet de censurer un film comme Billy Elliot pour une insulte que le jeune héro lance 'par jeu' à son ami Michael ?

Il serait plus facile et plus honnête de proposer des activités sur le thème de la tolérance. Le but d'intégration fixé dans les objectifs de l'école ne sera atteint que lorsque chaque élève et lycéen pourra se diriger vers son école le coeur léger.

# Posté le samedi 25 octobre 2008 12:26

Modifié le vendredi 31 octobre 2008 17:36

Lutte contre l'homophobie à l'école (3)

L'initiative de Xavier Darcos d'inscrire cette priorité vient-elle en partie corriger la circulaire Royale de 1997 ?

La lutte contre l'homophobie à l'école oblige par ces termes à accepter le fait que les jeunes français, comme nos voisins européens, peuvent exprimer leur orientation sexuelle avant l'âge de 15 ans.

Un peu d'histoire n'a jamais fait de mal à personne :

Il est intéressant de relire cette circulaire Royale (du nom du Ministre socialiste qui partage cette responsabilité avec Monsieur Claude Allègre alors Ministre du même gouvernement Jospin, mais dont le nom n'est jamais cité !). On y découvre une introduction dont les affirmations font bondir ! Il est alors clair que cette circulaire répond à une stratégie politique féministe - Seuls les hommes sont coupables ! Dans 90% des cas d'inceste, 10% des cas de pédophilie, tout en présisant qu'un enfant sur 10 est une victime. De cette simple fausse affirmation, qui fait écho à une désinformation précédente de plusieurs années concernant les hauts lieux homosexuels à travers le monde et notamment dans les pays du sud-est asiatique, le Ministre s'emploie à faire un rappel de la loi tout en dénaturant par des introductions trompeuses les textes législatifs : Comment est-on mieux servi par soi-même en présentant des textes de loi après en avoir donné une explication.

De même, on va offrir à cette circulaire interne un écho dans les médias qui va vite déclencher un raz de marée homophobe - Car, contrairement à nos voisins européens dont les lois permettent de distinguer les agressions des relations amicales en ce qui concerne la tranche d'âge entre 11 et 15 ans, des milliers d'articles vont paraître chaque semaine pendant deux années environ afin de refermer le couvercle de la vérité et celer le sort de la société française - criminalisant du même coup les sentiments et les actes des homosexuels les plus jeunes, donnant aux autres le pouvoir de vie et de mort sur cette population déjà fragile.

Il est indispensable de donner quelques définitions aux mots afin de clarifier les discours que l'on trouve sur certains médias, relayé dans certains blogs, et qui reflètent davantage une haine épidermique qu'une réflexion constructive :

L'inceste désigne une relation sexuelle entre deux personnes d'une même famille, père-fils, père-fille, mère-fils, mère-fille, frère-soeur, grand-parent-petit-fils/petite-fille... (mot inscrit dans la langue française depuis 1130).

L'homosexualité désigne l'attirance sexuelle d'un individu (homme ou femme) pour les personnes de son propre sexe (mot inscrit dans la langue française depuis 1891)

L'hétérosexualité désigne une appétence sexuelle normale pour les individus du sexe opposé (mot inscrit dans la langue française depuis 1894). On peut se demander pourquoi les rédacteurs du dictionnaire ont-ils cru bon d'ajouter l'adjectif 'normal' à la seconde définition...

La pédérastie désigne une relation entre un homme et un garçon sexuellement mature ou une relation homosexuelle masculine (mot inscrit dans la langue française depuis 1580). Son abréviation en "pédé" dans la langue française est un terme péjoratif pour désigner un homosexuel.

La pédophilie désigne une attraction sexuelle pour les enfants (mot inscrit dans la langue française depuis 1969). Un pédophile est une personne (homme ou femme) attirée sexuellement par des enfants qui n'ont pas encore atteint le stade de la puberté (Interpol propose l'âge de 11 ans). Au delà de la puberté, on ne doit plus employer le terme de pédophile ou de pédophilie ; erreur pourtant largement répandue. La pédophilie ne figure pas dans le code pénal, ce n'est pas un terme juridique mais un terme médical.

La majorité sexuelle est une notion importante. Elle désigne dans la loi l'âge à partir duquel un individu peut librement consentir à des relations sexuelles, y compris avec un adulte plus âgé que lui.

Toute relation sexuelle avec un mineur n'ayant pas atteint la majorité sexuelle est interdite par la loi. Quelques soient les déclarations de la victime, elle est toujours considérée comme ayant été abusée sexuellement. Jusqu'à cet âge, toute notion de consentement est donc exclue. On peut se demander pourquoi beaucoup de jugement pour agression sexuelle sont jugés 'sans violence'.

Qu'est-ce qu'une agression sans violence ?

Dans certains pays l'âge du consentement relève de la tradition. La majorité sexuelle est fixée à 16 ans en Angleterre, au Pays de Galles, en Suisse, en Autriche, à 15 ans en France et au Danemark, à 14 ans en Allemagne, en Autriche, au Portugal, en Italie et en Suisse, à 13 ans en Espagne. Il est aussi hônnete d'ajouter que la loi peut toujours évoluer pour plus ou moins de liberté, et que dans beaucoup de pays européens, contrairement à la France, il existe une gradation différente concernant la notion d'âge et des faits. Un pays qui accorde une majorité sexuelle à 14 ans peut aussi considérer l'éxistence possible d'une relation amicale et sexuelle dès l'age de 12 ans. En Belgique il existe des paliers d'âges, 10, 14 et 16 ans. L'Allemagne a une législation dans le même sens.

Pour finir, en France, l'âge de la majorité sexuelle était de 13 ans avant son changement en 1945 (11 ans en 1832, 13 ans en 1863). Voir à ce sujet l'article en ligne de wikipedia.

Encore reste-t-il a définir ce qu'est une relation sexuelle.

# Posté le samedi 25 octobre 2008 12:28

Modifié le dimanche 26 octobre 2008 14:27